LA BLANCHE

LA BLANCHE
Qu'est-ce que tu deviens ? Moi, ça va bien.
Paraît que toi tu marches sur un drôle de chemin.
T'as les joues creuses, les mains calleuses
Et la démarche un petit peu chaloupeuse.
Vraiment tu me terrasses, bonjour l'angoisse
Paraît que t'es tombé dans une drôle de crevasse
Paraît que c'est pas tous les jours dimanche,
La Blanche.


Lili a le tournis de devoir affronter la réalité. Tant de temps hors du temps, tant d'années le nez dans la poudre et là je prends conscience de tout ce qui s'est passé pendant que je souriais naïvement en contemplant le néant. Je suis majeure, et c'est tout juste si cela avait fait tilt dans ma tête, je suis seule au monde et j'avais pourtant pas l'impression de parler toute seule. Il y a mille choses qui se sont passées en France et dans le monde entier, cela fait déjà plus de deux ans et demi qu'on a un nouveau président, il y a un noir qui fait la marionnette aux Etats-Unis, c'est bientôt l'hiver et la neige qui va avec. Je devrais être apaisée mais il n'en est rien. Les nuits sont interminables et je ne ferme pas les yeux de peur de ne pas me réveiller. Les gens dans la rue ont désormais un visage et des expressions, ils ne sont plus aussi transparents qu'avec la came. J'entends ce qu'on me dit et je suis obligée d'en tenir compte. Je n'arrive plus à en avoir rien à foutre, je ne sais plus penser seulement à ma gueule. C'est la merde les gars, c'est la merde. Lili elle a l'impression de plus être Lili. Mon prénom il rimait avec insouciance et irresponsabilité. Et là je me surprend à chercher en vain dans mes affaires une photo de ma petite soeur, de ma mère et même de mon père. Je constate avec effroi que je n'ai pas la moindre idée de l'âge de ma petite soeur, et j'ai oublié son visage, et ceux des autres qui m'ont laissé sur le chemin quand les limites qu'ils s'imposaient se sont déployées. Je n'ai pas pris de nouvelles de Chloé et Léo depuis une infinité. Des mois sans doute, enfin je n'en ai pas la moindre idée. Je n'ai pas encore revu David avec les yeux clairs. J'ai tellement peur de ne pas le reconnaître, j'ai si peur qu'à ma vue il baisse les yeux. Et si tout ce qu'on avait vécu ne signifiait alors plus rien avec la poudre en moins. Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie ,c'est bien pire que le plus grand bad que je me suis jamais tapé. Parce que là c'est vrai, et ça va durer des années encore, si tout va bien. Un grand bad incroyable dans lequel ta voix s'éteind, tu cries mais il ne se passe rien. Je t'aime...
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# Posté le lundi 26 octobre 2009 11:55

On avait dit la jeunesse ne dure qu'un temps, la jeunesse s'essouffle, la jeunesse se trompe, la jeunesse est décadente, mais la jeunesse n'est que le reflet de ce que vous avez créé. Et ça vous fait bien mal au cul que je sois membre de cette jeunesse ? COOL

J'avais oublié qu'il y avait un monde par ici. Mes pensées s'étaient envolées bien au dessus du monde, bien loin et bien longtemps. La montée a duré des siècles, je redescend doucement, c'est déjà l'hiver, je ne me rappelle plus mon été. Je grelotte sur ma chaise en attendant celui d'après. Et aujourd'hui cela fait trois ans, que j'ai failli mourir. C'était ce soir d'octobre que je serais bien restée sur le carreau s'il n'avait pas été là. Cela fait donc aussi trois ans que David est là, sans répit. Je t'aime... je t'aime à ne plus savoir quoi faire de mon amour bordel. Et si t'avais pas frappé à ma putain de porte, et si je n'avais pas ouvert cette fameuse nuit. Jamais je ne me serais rendu compte de la profondeur du bleu de tes yeux, jamais tes mots ne m'auraient fait pleurer de joie, jamais je n'aurais serré quelqu'un dans mes bras sans en espérer rien en retour. Sans Toi, qui m'aurait fait vivre à travers ma douleur, qui aurait pu me porter sur toute cette distance, qui aurait éclaté ses neurones à mes côtés sans jamais s'arrêter, qui aurait cassé la gueule de tout ces cons qui croient me baiser sur un claquement de doigts... je t'aime. On n'a jamais su se le dire sans pleurer ou sans gueuler, mais on s'aime. J'ai toujours été une piètre copine, infidèle menteuse voleuse et paranoïaque. Mais je t'aime. On n'a su que s'aimer dans la violence et dans la haine, mais qu'importe. S'embrasser en se mettant des droites dans la gueule, se déshabiller en hurlant des insultes, faire l'amour en pleurant sans cesse. Mais je n'ai jamais douté. Et je m'en fou bien de tout ce que l'on a bien pu gâcher. Je vois que ceux qui ne nous donnaient pas trois semaines ont tous laissé l'amour au bord du sentier, alors que moi je ne lui ai jamais lâché la main. Quand bien même on me dirait qu'il est facile d'aimer s l'on se tape tout ce qui bouge à côté ça m'est égal. Je vous crache à la gueule, je l'aime et je vous emmerde. La majorité ne m'a pas rendue plus sage, juste plus sereine il faudra s'en contenter

# Posté le vendredi 16 octobre 2009 15:35

Et dans le monde des gens responsables, j'ai oublié de remonter à la surface pour respirer.

L'insouciance de ne pas avoir 20 ans.
Parce que je peux jurer haut et fort que moi je ne connaitrai pas le métro boulot dodo.

Et ça c'est le pied les mecs, ça vaut tout l'or du monde.
J'ai plus de chance de crever d'une overdose que d'm'acheter une maison pour famille nombreuse avec labrador, lave vaisselle et stores électriques.

Lili est une pseudo rebelle qui jubile derrière son écran à se foutre de notre gueule.
F A U X

Lili est complètement cramée et trouve qu'il n'y a rien de mieux que l'instant présent
V R A I

C'est beau d'avoir l'âge qu'on vous donne des responsabilités et de ne pas les assumer.
J'vais dans le mauvais sens et si vous saviez comme ça me fait plaisir. Je sais bien les pensées qui traversent vos esprits. Qu'il me faudrait une grande claque, que j'connais rien à la vie, que je changerai d'avis. En attendant je suis heureuse dans ma vie mouvementée. Vous ne pouvez pas tous en dire autant. Moi j'ai David, j'ai l'amitié éternelle, j'ai de quoi monter plus haut que tous les sommets du monde, j'ai les neurones qui s'entrechoquent et des heures de musiques virevoltantes. Le plaisir et l'insouciance. Cela me suffit amplement. J'ai pas un rond et pas de toit, mais j'vois plus loin que jamais vous ne le soupçonnerez. Vous dites qu'un jour je changerais d'avis, mais pourquoi puisque j'ai le sourire et l'esprit léger. L'excès n'est pas bon pour la santé, mais peut être que la santé n'est pas primordiale pour être en vie ? Je suis toujours débout, c'est sûrement un miracle. Je me nourris à la vitamine C pure et aux liquides éthyliques et j'arrive à me lever presque tous les matins. J'ai les idées bancales et les jambes en arcades, les mots à l'envers et les paroles qui se retournent. Le peau blanche et les yeux rouges, les dents cassées et la bouche asséchée. Je suis quand même debout au fond de moi. Le bonheur me tourne autour et c'est magnifique. Je dis ça sans être sous l'emprise de quoi que ce soit. C'est pour vous dire.

Il y a bien un défaut que je n'ai pas. Je ne suis pas une putain de menteuse.



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# Posté le mardi 14 juillet 2009 16:08

Une sensation bizarre, comme un coup de poing dans les entrailles qui me ferait tellement de bien

Du soleil, des copains, de l'alcool et la mer à perte de vue.

J'aime l'été qui nous bronze les bras et les paumettes, les pieds dans le sable du rhum à la main, les cheveux emmêlés, les mains sèches, la peau salée et les lunettes de soleil trop grandes. J'aime m'endormir dans ses bras sur la plage, se réveiller à 6heures transis de froid et finir ma nuit dans un coffre de voiture trop petit pour deux. J'aime les courses poursuites avec le mec du Super U à travers la ville, j'aime le rosé limonade sans bulle resté au soleil toute la journée, j'aime le pétard du matin qui te ferme les paupières avant même qu'elles soient ouvertes, j'aime boire la tasse à cause de ces fous rires qui me maintiennent en vie. J'aime ne pas manger de la semaine, faire la manche tous les soirs devant la gare, rencontrer des nouveaux gens supers bizarres qui n'ont rien et vous offre tout. J'aime ces discussions avec nos amis les policiers qui n'en finissent plus de durer, j'aime les nuits au commissariat à gueuler contre le flic de garde. J'aime essayer de scier les barreaux avec une petite cuillère. J'aime le flic qui appelle ma mère, j'aime que ma mère l'envoie royalement se faire foutre, j'aime que ma mère se foute complètement de ce qui pourrait bien m'arriver. J'aime chanter faux devant les bars, une guitare à la main, j'aime voler leurs glaces aux enfants pourris gâtés. J'aime l'absence de silence, les cris, les vomissements du Léo qui n'en finissent jamais, les pleurs de Chloé dénués de sens qui ne signifient en rien qu'elle soit triste. J'aime m'entendre rire, j'aime la sincérité qui nous unit. J'aime aimer même sans la came, j'aime détester ceux qui m'aiment.
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# Posté le mercredi 20 mai 2009 07:28

L'histoire retiendra mon nom, me retiendra comme étant celle qui vous a tous terrassé, même quand elle était au plus bas, même quand vous étiez au plus haut.

Allez, toujours les mêmes phrases débiles. Renouvellez-vous un peu, par pitié. C'est ridicule de se faire juger par pire que soi. Je m'en fou qu'vous trouviez ça triste, mes histoires de came et de keufs. Ca y est. J'ai perdu mes derniers amis, ils m'ont abandonné. Je n'ai rien à en dire, c'est la vie, c'est ma faute, celle de mon passé douloureux qui me tue, celle de la came, celle de mon manque de volonté. Je sais que je ne suis pas capable de m'occuper des autres, et pas même de moi. Je sais qu'à chaque fois qu'on me demande de choisir entre une trace ou un ami, je fais l'égoïste. Fallait s'en douter, j'avais beau clamer que moi, je me la mettais, mais que quand je voulais j'arrêtais, je me suis trompée. Et là, ce soir mes cocos je vous l'avoue. C'est finit, j'ai joué, j'ai perdu. J'vis que pour ça et par ça. Je suis devenue un peu paranoïaque, je me retrouve un peu seule aussi. Reste David. Mais je sais qu'il partira pas, l'amour, toujours. Je préfèrerais qu'on ne s'aime pas. Je le détruit si fort que s'en est indécent. Je le brise, je le bousille, je le ruine, je le trompe, je lui crache à la gueule quand il m'empêche de m'la mettre, je l'insulte, je l'ignore. Il reste. Je l'aime chaque jour un peu plus. Accrochée à un être comme si je vivais à travers son beau regard de mec triste. Bleu, gris, noir, violet aussi. On s'engueule tout le temps, sans répit. On se détruit, on fait l'amour, on s'endort, et on recommence. Combien de temps encore ? Jusqu'à ce qu'on me retrouve inanimée sur un trottoir, ou usqu'à ce qu'il cesse d'aimer un conasse. Alcoolique, droguée, égoïste, égocentrique, immorale, cinglée, paranoïaque, kleptomane, associale. Je me dévalorise mais au fond je m'aime comme ça. J'ai pas honte de dire que je prend mon pied à me taper le copain de ma melleure amie, j'ai pas honte de m'être tapée mon ancien patron pour pas me faire licencier, j'ai pas honte de me les être tous taper de toute façon. J'ai juste honte de vous. J'ai juste quelque remord d'avoir brser David. Mais je n'y peux rien, personne n'y peut rien, pas même lui Je suis née innocente. Je l'ai été jusqu'à mes 14 ans. A cette époque, nikel. Team pétards, on planait gentillement. Rien d'autre que d'la weed, de temps en temps, le week end. On s'est sentit invincible, on s'est mis à boire. La plupart se sont arrêtés là. Il a eu moi, Dav, Léo, & Chloé. On s'est dit non, ça ne suffit pas.On s'est enfumé le cerveau en tapant des douilles, c'était l'innocence qui doute. On était heureux, tellement heureux tous les quatre. Sans personne. Une belle amitié sans arrière pensée. Et là j'ai rencontré ce mec. Je sais pas pourquoi il a voulu me faire plonger, mais il a gagné. Il avait 20 ans, je suis tombée amoureuse, j'ai été plus qu'aveugle. Au début, des ecstas, pour tripper pendant la soirée, tranquillou. Et puis, allez, des trace de coke mon pote, allez il disait, allez Lili, t'as qu'une jeunesse, fonce. J'avais 14 ans et d'la poudre dans le nez tous les week-ends. De la bonne poudre. Il m'a habitué lentement à la drogue, à la sensation de bonheur total dans la défonce. Il a mis du GHB dans mon verre, il a fait ce qu'il avait à faire. Et il est partit. Je me suis retrouvée sans darons, avec 10 000 euros qu'ma grand-mère m'avait filé, 3 bouteille de Whiskey, 100 grammes de weed et des plaquettes de trips et pus savoir quoi en faire. J'avais 15 ans, j'étais au dessus du monde. Riche et stone. Le pied. Deux ans de débauche et de pure éclate. Dealer, avoir d'la maille, tout redépenser, grosses murges. 17 ans. Les flics, les maisons de redressement, les assistantes sociales, les darons qui veulent plus entendre parler de la Lili vide qui ne pèse plu que 40 kilos parce que la came lui faisait oublier de manger. Se nourrir au Wiskey coca. Ruinée. Léo, Clo & Dav, ils étaient restés dans le buen. Soirées de temps en temps. Quelques trucs. Mais pas tout le temps. J'ai pas su être raisonnable. Mais être camée quand t'es pétée de thunes, cest énorme, quand tu te retrouves sans un rond, c'est le cauchemar. Je vais avoir 18 ans, je vais avoir le droit d'aller en prison, je vais avoir le droit de jouer au casino, je vais avoir le droit de conduire, d'acheter de la Vodka sans Dav, je vais devenir adulte. Allez vous faire foutre. BON ANNIVERSAIRE LILI. De toute façon il n'y aura personne pour me le souhaiter. David connaît même pas ma date d'anniversaire. Mon père m'a menacé de me balancer au flics si je tentais de le recontacter. J'écris encore pour me défouler, des mauvaises langues diront encore que je suis qu'une conne de raconter ça ici. J'avais besoin de me vider la tête. Parce que demain je suis une adulte, et j'ai peur, peut-être bien pour la première fois. Et ça me fait tout drôle. Je veux vivre la vie des autres. Je veux plus aspirer la défonce par le nez tout le temps. Je veux boire de l'eau, et fumer des pétards, que ça me fasse tourner la tête; qu'on rigole tous ensemble. Je veux le retour de mes 14 ans. Je veux ne jamais avoir rencontré ce mec, et ses illusions à 50 euros le gramme.
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# Posté le samedi 11 avril 2009 16:11

BOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOM

Voilà, vous êtes content.
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# Posté le jeudi 05 mars 2009 14:47