Allez, toujours les mêmes phrases débiles. Renouvellez-vous un peu, par pitié. C'est ridicule de se faire juger par pire que soi. Je m'en fou qu'vous trouviez ça triste, mes histoires de came et de keufs. Ca y est. J'ai perdu mes derniers amis, ils m'ont abandonné. Je n'ai rien à en dire, c'est la vie, c'est ma faute, celle de mon passé douloureux qui me tue, celle de la came, celle de mon manque de volonté. Je sais que je ne suis pas capable de m'occuper des autres, et pas même de moi. Je sais qu'à chaque fois qu'on me demande de choisir entre une trace ou un ami, je fais l'égoïste. Fallait s'en douter, j'avais beau clamer que moi, je me la mettais, mais que quand je voulais j'arrêtais, je me suis trompée. Et là, ce soir mes cocos je vous l'avoue. C'est finit, j'ai joué, j'ai perdu. J'vis que pour ça et par ça. Je suis devenue un peu paranoïaque, je me retrouve un peu seule aussi. Reste David. Mais je sais qu'il partira pas, l'amour, toujours. Je préfèrerais qu'on ne s'aime pas. Je le détruit si fort que s'en est indécent. Je le brise, je le bousille, je le ruine, je le trompe, je lui crache à la gueule quand il m'empêche de m'la mettre, je l'insulte, je l'ignore. Il reste. Je l'aime chaque jour un peu plus. Accrochée à un être comme si je vivais à travers son beau regard de mec triste. Bleu, gris, noir, violet aussi. On s'engueule tout le temps, sans répit. On se détruit, on fait l'amour, on s'endort, et on recommence. Combien de temps encore ? Jusqu'à ce qu'on me retrouve inanimée sur un trottoir, ou usqu'à ce qu'il cesse d'aimer un conasse. Alcoolique, droguée, égoïste, égocentrique, immorale, cinglée, paranoïaque, kleptomane, associale. Je me dévalorise mais au fond je m'aime comme ça. J'ai pas honte de dire que je prend mon pied à me taper le copain de ma melleure amie, j'ai pas honte de m'être tapée mon ancien patron pour pas me faire licencier, j'ai pas honte de me les être tous taper de toute façon. J'ai juste honte de vous. J'ai juste quelque remord d'avoir brser David. Mais je n'y peux rien, personne n'y peut rien, pas même lui Je suis née innocente. Je l'ai été jusqu'à mes 14 ans. A cette époque, nikel. Team pétards, on planait gentillement. Rien d'autre que d'la weed, de temps en temps, le week end. On s'est sentit invincible, on s'est mis à boire. La plupart se sont arrêtés là. Il a eu moi, Dav, Léo, & Chloé. On s'est dit non, ça ne suffit pas.On s'est enfumé le cerveau en tapant des douilles, c'était l'innocence qui doute. On était heureux, tellement heureux tous les quatre. Sans personne. Une belle amitié sans arrière pensée. Et là j'ai rencontré ce mec. Je sais pas pourquoi il a voulu me faire plonger, mais il a gagné. Il avait 20 ans, je suis tombée amoureuse, j'ai été plus qu'aveugle. Au début, des ecstas, pour tripper pendant la soirée, tranquillou. Et puis, allez, des trace de coke mon pote, allez il disait, allez Lili, t'as qu'une jeunesse, fonce. J'avais 14 ans et d'la poudre dans le nez tous les week-ends. De la bonne poudre. Il m'a habitué lentement à la drogue, à la sensation de bonheur total dans la défonce. Il a mis du GHB dans mon verre, il a fait ce qu'il avait à faire. Et il est partit. Je me suis retrouvée sans darons, avec 10 000 euros qu'ma grand-mère m'avait filé, 3 bouteille de Whiskey, 100 grammes de weed et des plaquettes de trips et pus savoir quoi en faire. J'avais 15 ans, j'étais au dessus du monde. Riche et stone. Le pied. Deux ans de débauche et de pure éclate. Dealer, avoir d'la maille, tout redépenser, grosses murges. 17 ans. Les flics, les maisons de redressement, les assistantes sociales, les darons qui veulent plus entendre parler de la Lili vide qui ne pèse plu que 40 kilos parce que la came lui faisait oublier de manger. Se nourrir au Wiskey coca. Ruinée. Léo, Clo & Dav, ils étaient restés dans le buen. Soirées de temps en temps. Quelques trucs. Mais pas tout le temps. J'ai pas su être raisonnable. Mais être camée quand t'es pétée de thunes, cest énorme, quand tu te retrouves sans un rond, c'est le cauchemar. Je vais avoir 18 ans, je vais avoir le droit d'aller en prison, je vais avoir le droit de jouer au casino, je vais avoir le droit de conduire, d'acheter de la Vodka sans Dav, je vais devenir adulte. Allez vous faire foutre. BON ANNIVERSAIRE LILI. De toute façon il n'y aura personne pour me le souhaiter. David connaît même pas ma date d'anniversaire. Mon père m'a menacé de me balancer au flics si je tentais de le recontacter. J'écris encore pour me défouler, des mauvaises langues diront encore que je suis qu'une conne de raconter ça ici. J'avais besoin de me vider la tête. Parce que demain je suis une adulte, et j'ai peur, peut-être bien pour la première fois. Et ça me fait tout drôle. Je veux vivre la vie des autres. Je veux plus aspirer la défonce par le nez tout le temps. Je veux boire de l'eau, et fumer des pétards, que ça me fasse tourner la tête; qu'on rigole tous ensemble. Je veux le retour de mes 14 ans. Je veux ne jamais avoir rencontré ce mec, et ses illusions à 50 euros le gramme.